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  • Lise

[L'artisanat ne se marchande pas]

Aujourd'hui, jour du Black Friday et à moins d'un mois de Noël (!!), c’est un tournant décisif pour les créateurices !

Il y a un an, à cette période, nous rouvrions la boutique après un second confinement. Vous retrouver était un plaisir, vraiment. On sentait une reconnaissance de notre travail, une revalorisation de la création artistique et manuelle, une remise de l’humain-e au centre. Et aujourd’hui parfois on craint que la bulle, l’entrain, se soit dégonflé…


A la Funky Fabrik, on a eu la chance de sentir un réel accueil lors de notre réouverture, parmi nos client-e-s fidèles, nos voisin-e-s, mais aussi chez de nouveaux curieux que la balade unique autorisée et attestée avait menée devant nos vitrines. Les marchés de Noël avaient été annulés mais vous étiez là, en boutique, et on vous en remercie encore !


Car encore une fois j’ai choisi, comme beaucoup de collègues artisan-e-s, une métier humain. Personnel et indépendant dans sa forme administrative certes, mais fort de contacts. Avec vous qui venez nous rencontrer et découvrir notre travail et connaissez le plaisir de se dire « je sais qui l’a fabriqué » ; avec les voisin-e-s de stands sur les marchés avec qui on troque et papote ; avec les participant-e-s aux ateliers qui ont les yeux qui brillent d’appréhension puis de plaisir sur leur première couture ; avec les commerçants du quartier, fournisseurs, photographes, lieux de dépôts, conseillers avec qui on travaille en continu ; avec d’autres artisan-e-s colocs d’atelier quand on a la chance de participer comme moi à cette belle aventure collective.


Et vendre en ligne n’a jamais remplacé tout ça et ne le fera jamais. C’est bien sûr une solution pratique pour ceux-celles qui habitent loin, une vitrine pour présenter nos créations en global, une solution temporaire lorsqu’on doit fermer boutique par obligation sanitaire. Mais ce n’est pas le métier que j’ai choisi, ni ne m’attire, ni pour lequel j’ai des compétences spécifiques (référencement, photographie, communication, gestion de site internet, animation de réseaux sociaux…) La vente en ligne a été acclamée comme une solution miracle à laquelle nous n’aurions jamais pensé, mais cela reste un outil, adapté à certain-e-s mais clairement pas à toustes. Et surtout la concurrence y est très rude, que ce soit face aux géants dont je ne veux pas citer le nom ici ou aux amateurs qui ne payent pas les mêmes charges et baissent malgré eux le prix du marché.


Car ça reste difficile de s’affirmer comme professionnel dans un domaine souvent considéré comme un « loisir créatif ». Surtout en couture. Beaucoup s’y sont mis pendant le confinement et je les comprend car j’ai aussi démarré un jour ma première couture, et un monde de possibilités s’est ouvert. Mais entendre la phrase « Oh c’est une super idée ce que vous avez créé, je vais pouvoir le refaire chez moi » me donne toujours un mini coup à l’estomac, une phrase sans mauvaise intention mais qui érode petit à petit son mental et sa confiance.


Alors pour toutes ces raisons en vrac et tout ce qu’on met en jeu chaque jour, je croise toustes les doigts pour que le rendez-vous soit là cette année encore, que la prise de conscience était permanente. Que la boutique soit remplie d’effervescence et que les journées de marchés passent vite malgré le froid. Que ça vaut le coup de n’avoir plus de week-end ni tellement de vie sociale et de rester finaliser des coutures jusqu’à 22h (coucou la team nocturnes <3). Parce qu’on aime ça mais qu’on ne pourra pas le vivre sans vous.


Alors vous qui connaissez ou découvrez les enjeux du travail fait-main, allez sur les marchés de créateurtrices, rencontrez les artisanes autour de chez vous, achetez si vous le pouvez, faites passer le mot sinon. Soyons conscient-e-s de la personne et du travail derrière chaque création.


Et bien sûr non vous ne trouverez pas de réductions du vendredi noir sur ma boutique en ligne. Surtout pas quand c’est imposé par des géants milliardaires qui tuent deux fois plus d’emplois qu’ils n’en créent. On ne marchande pas le travail artisanal.


Lise



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